mercredi 23 novembre 2016

Droit de copie #3















Merci à Laure pour ses précisions juridiques ! :)

[1] Comme on peut le voir dans cette vidéo, entre autres (il y en a plein sur le net à destination des entrepreneurs essentiellement).
[2] L’article L.112-2 du Code de la propriété intellectuelle cite notamment (mais ce n'est pas exhaustif) : les œuvres littéraires, les œuvres musicales, les œuvres graphiques et plastiques, les œuvres dramatiques, les œuvres chorégraphiques dont la mise en œuvre est fixée par écrit ou différemment, les œuvres audiovisuelles, les œuvres publicitaires, les œuvres photographiques, les œuvres d’arts appliqués, les œuvres d’architecture, les logiciels, les créations des industries saisonnières de l’habillement et de la parure... 
[3] Sur ce sujet, on peut lire un article sur S.I.Lex et un autre du Nouvel Obs.
[5] Toute l'affaire sur le blog Affordance.
[6] Lionel Davoust explique la différence sur son site.


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mercredi 2 novembre 2016

Droit de copie # 2











Références :
- Droit d'auteur et copyright, Françoise Benhamou et Joëlle Farchy, La Découverte, 2009.
- "Comment le droit d'auteur protège-t-il vos créations", DanyCaligula, Youtube.
- "Les droits d'auteur", Nicole Ferry-Maccario, Youtube.



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mardi 4 octobre 2016

Un café ? - Soutenir le blog


Désormais, vous pouvez si vous le souhaitez, soutenir ce blog - ainsi que son cousin T'as d'la chance d'aller à l'école - en faisant un don sur Tipeee.


Tipeee est une plateforme de financement participatif qui permet de soutenir des créatrices et créateurs sur le web (videastes, journalistes, dessinatrices-eurs, etc). 

 Le principe est simple : vous pouvez donner à la hauteur de vos possibilités et de vos envies, à partir de 1 euro, une seule fois ou régulièrement.
Je reprends à Deimian l'analogie du café : si vous appréciez ce que je fais, vous pouvez me donner un petit coup de pouce en m'offrant l'équivalent d'un café par mois. 



Il n'y a ni obligation ni engagement : vous êtes libres de donner ou non, le montant que vous souhaitez, régulièrement ou ponctuellement, et de cesser de donner quand vous voulez.
Quoi qu'il arrive, qu'il y ait ou non des dons et quel que soit leur montant, le contenu des blogs restera libre et gratuit pour tout le monde. 

Pourquoi ai-je recours à Tipeee ? 
                            

Jusqu'ici, je vivais en partie d'allocations chômage qui m'ont permis de ne pas travailler à plein temps sur d'autres projets et de consacrer du temps à ces blogs, qui ne représentent aucune source de revenus mais demandent un temps considérable, ainsi que du matériel. J'y consacre plusieurs jours par mois, et si je veux continuer à publier régulièrement, je dois trouver d'autres moyens de les financer. Je ne reçois plus d'allocations et ne gagne pas encore suffisamment en tant qu'illustratrice pour en vivre.

Tipeee représente donc pour moi un soutien possible pour continuer à faire vivre ces blogs de façon satisfaisante, en proposant un contenu régulier. Ce n'est pas l'unique solution que j'envisage, et je compte bien faire mon possible pour continuer à les mettre à jour quoi qu'il arrive. Mais plus j'aurai de temps à y consacrer, et mieux ce sera !


C'est aussi un moyen d'éviter d'avoir recours à la publicité, de rester indépendante et de proposer un contenu que j'ai choisi de placer dans le domaine public, qui est donc librement ré-utilisable et modifiable par chacunE. 

Vous trouverez sur le site de Tipeee toutes les explications sur le fonctionnement (c'est ultra-simple) et les réponses à des questions que vous pouvez vous posez, comme par exemple Pourquoi payer pour un contenu que je peux avoir gratuitement ?
 

J'aurai l'occasion de parler plus longuement du principe du financement participatif, qui pose plein de questions intéressantes (et qui a aussi ses limites et ses abus, selon les contextes).


Quoi qu'il en soit, vous êtes libre de ne pas adhérer à ce principe tout en continuant à lire mes BD et mes articles et à les diffuser ! Il y a bien d'autres façons de m'aider, ainsi que vous le faites déjà : en postant des commentaires, en m'écrivant des mails, en me suggérant des lectures, des conseils, en me partageant vos connaissances, en publiant mes billets sur d'autres sites, en les réutilisant dans différents contextes... Pour tout cela, je vous remercie à nouveau chaleureusement ! 


Et si vous ou d'autres pouvez et souhaitez me soutenir par des "tips", qui est une autre forme de soutien, je vous en serai infiniment reconnaissante. 


Rien ne me motive plus que d'apprendre qu'un de mes articles a fait du bien à quelqu'unE, lui a permis de se sentir moins seulE, l'a fait sourire, l'a émuE, lui a donné une idée ou donné à réfléchir, ou l'a simplement divertiE pendant 5 minutes.


Et tant que ça vous plaira de me lire, je ferai tout mon possible pour continuer ! :)


A très bientôt !

vendredi 26 août 2016

Droit de copie #1


Quand j'ai créé ce blog il y a 2 ans, puis le second sur les violences scolaires, mes proches m'ont encouragée et soutenue. Mais beaucoup (parfois les mêmes) m'ont aussi mise en garde, voire se sont sérieusement inquiétés.




Ces peurs étaient très liées à Internet, à l'idée d'un espace immense, obscur, peu ou pas réglementé, ainsi qu'à la notion de gratuité qui en fait partie. Y publier ses images et ses productions reviendrait à les jeter par la fenêtre.




Mais la crainte était, au-delà d'Internet et du support blog, une crainte (vraiment forte) du pillage, de l'expropriation et de la copie.


Personnellement, je ne pensais pas d'emblée à ces "risques". J'avais envie et besoin de montrer mon travail, donc de le partager. Mais devant ces alertes, et voyant que tout le monde semblait partager le sentiment du danger et le besoin de s'en protéger, j'ai apposé un copyright en bas de mon blog, avec la mention "tous droits réservés", et j'ai supprimé le clic droit. 


En fait je n'avais pas du tout réfléchi à cette question. Je ne savais pas grand chose du droit d'auteur et du copyright.
 
Mais dès le début je ressentais une forme de malaise. Je savais que supprimer le clic droit n'empêcherait personne de récupérer une image. Et j'avais vaguement entendu que cette mention de copyright ne servait pas à grand chose non plus.



Etait-ce une saine prudence ... ou une forme de paranoïa ?
Et puis, j'ai commencé à recevoir des demandes de personnes qui souhaitaient utiliser mes images. Pour une expo, un travail de recherche, une conférence, un cours... Spontanément, je disais toujours oui. Parce que je ne voyais aucune raison de refuser. Non seulement je trouvais cela flatteur, mais en plus cela m'apparaissait comme une évolution logique et saine de mon travail : à quoi sert-il s'il ne peut être diffusé, partagé, utile aux autres ?

Petit à petit cela m'a fait réfléchir. Des gens venaient me demander mon autorisation simplement pour citer mon blog quelque part (ce qui n'est pas interdit par le droit d'auteur... !). Je ne pouvais pas le leur reprocher : après tout, j'avais apposé une mention "touts droits réservés". Mais l'absurdité de la situation commençait à me parvenir.



Un jour, j'ai reçu une demande d'ordre plus "commercial" : quelqu'un qui souhaitait utiliser mes images pour une campagne de financement d'une épicerie végane.

Spontanément, j'ai hésité. Ne devais-je pas lui demander de l'argent ? 
J'ai exprimé des conditions : je voulais être informée des images qu'il utiliserait, à quel endroit, des textes qu'il allait modifier, etc. Ce qu'il a accepté. 
Mais très vite je me suis demandé pourquoi j'avais posé de telles conditions. Parce qu'en réalité, ça m'était égal.

 
Finalement, il n'a pas utilisé mes images. Mais il m'a permis de réaliser que je n'avais pas de position claire sur la manière dont je voulais partager ou non mon travail, que je ne connaissais rien à la législation, aux licences d'utilisation et à de possibles alternatives.
 
J'ai donc commencé à m'intéresser de plus près à ces questions de copyright, de droit d'auteur, de culture libre et de licences.


Ce qui m'a amenée à réfléchir à me conception de l'art, de la créativité, et même, plus largement, du travail.


Gwenn Seemel explique très bien que le droit d'auteur n'est pas uniquement un système juridique, mais un paradigme :






Nous envisageons l'art, la production de la pensée, comme des productions inaliénables ; nous assimilons la copie à du vol ; nous considérons l'imitation comme un acte malhonnête, une paresse, quelque chose de forcément blâmable.  Il va de soi que nous devons demander l'utilisation à quelqu'unE pour utiliser ses écrits, ses images, sa musique, afin de créer quelque chose avec. Et nous ne remettons quasiment jamais ce paradigme en question. 


Nous avons tous grandi avec l'idée que copier était (très) (très) mal. Et punissable. 




Quand j'étais à la fac, certainEs étudiantEs refusaient de dire quel était leur sujet de mémoire ou de thèse...de peur qu'on leur "pique" leur(s) idée(s). J'étais naïve...et consternée. 




C'était pour moi incompatible avec la conception que j'avais de la recherche et du travail intellectuel.


Bien sûr, ces comportements sont le résultat de la compétition qui structure notre société et une grande partie de nos relations. Toute production est considérée comme strictement individuelle, personnelle, comme si nous étions capables de créer à partir de rien.




Je me suis sentie profondément enthousiaste de découvrir des artistes qui rendent leurs oeuvres publiques, c'est à dire qui en permettent la libre diffusion, la copie, l'utilisation, la modification, des gens qui réfléchissent à ces questions et militent pour une culture différente. 

Comme Nina Paley, par exemple :





J'étais convaincue, au fond, par la pertinence d'une culture sans copyright et je me sentais soulagée à l'idée de franchir le pas, moi aussi. 
Je n'ai jamais ressenti un sentiment fort de propriété vis-à-vis de mes dessins. 
J'ai toujours aimé copier, je m'inspire du travail des autres (comme tout le monde), et je trouve a priori naturel que mes productions puissent circuler, servir à d'autres, être utilisées et même transformées.
L'idée de pouvoir utiliser les oeuvres des autres, comme me dessiner habillée en Gwenn Seemel, est tout aussi enthousiasmante.




Cet élan spontané cohabitait en moi avec la persistance de craintes et de méfiances : 
et si on se faisait de l'argent "sur mon dos" ? Et si je le regrettais ? Ne suis-je pas responsable de tout ce que je produis, et donc de tout ce que deviennent mes productions ? Ne devrais-je pas demander de l'argent pour toute utilisation de ce que j'ai fait ? Est-ce que je ne fais donc rien d'original et de personnel ? Et si cela m'empêchait de gagner de l'argent avec mon travail artistique ? Et comment faire dans une société où le principe du droit d'auteur est la règle ?



J'avais besoin d'en savoir plus sur les aspects juridiques de la question, même si ça me semblait au départ rébarbatif.  


Alors je me suis penchée sur le sujet. Comme dit Gwenn Seemel, personne ne va se brosser les dents à votre place. 

(mais il y a des gens qui fournissent le dentifrice, et ça c'est sympa).


[A suivre]




Gwenn Seemel m'a beaucoup aidée à avancer dans ma réflexion sur le droit d'auteur, la culture libre, la pratique de l'art en général. Ses videos et ses articles ont répondu à beaucoup de mes questions (puisqu'elle s'était posé les mêmes que moi, logiquement). Je vous conseille la lecture de son blog, et de son livre sur le copyright.

Le blog de S.I.lex est aussi une mine d'informations sur le sujet.